Wednesday, August 23, 2006

Selon tes yeux

Par moment on sait que l'on fais une bêtise mais tant pis, on continue. Ce soir, j'ai fais une bétise, j'ai lu ton blog. Je savais qu'il ne fallait pas mais je l'ai fait quand même, alors j'ai eu envie de faire un peu la même chose, pas en entier, juste les choses que je veux dire là, dans ce post, je ne me relirais pas, je n'en ai pas la force.
Je ne jamais su pourquoi mais dès mon plus jeune âge j'ai été catalogué en tant que pédale, de mon enfance je ne garde pas beaucoup de souvenir à part des larmes, beaucoup de larmes, et des envies de me foutre en l'air, un jour dans la cour, je me souviens avoir frapper une fille, Zétoune, qui est une très bonne amie aujourd'hui, pour la simple raison que je n'étais pas amoureux d'elle alors que tout le monde le disais, ce n'étais pas vrai, pourquoi suis-je pas amoureux d'elle, pourquoi j'aime bien regarder les garçons dans la cours de récré et pas les filles, pourquoi leurs jupes ne m'intérrese pas ? J'étais en CP. J'ai très vite appris à mentir, sur mes sentiments et sur ma vie, pour me proteger. Quand on me frappait trop fort dans la cour, je me refugier dans les toilettes jusqu'au jour où j'ai vu dans les toilettes un message qui m'étais destiné "De toute façon, tu as ta place chez les étoiles, au dernier étage derrière la porte fermée" . Alors le lendemain je suis parti voir cette porte au dernier étage de l'école, on racontait qu'un loup y vivait, je suis je pense le seul élève à l'avoir franchi à part Thibault. La porte menait à une échhelle qui m'emenat sur le toit. Là un autre élève était déjà passé, il s'appelait Thibault et il étais en CM1a en 1989, l'année de ma naissance. Il avait laissé que quelque graffitis sans plus. Je n'ai jamais eu beaucoup d'amis. Je me suis laissé vivre jusqu'au collège en me disant "Bon bah y'a quoi après ? par ce que là c'est un peu nul" Je ne fut pas trop déçu, je suis devenu bon en endurance. C'est à ce moment là où j'ai commecé à ne plus me nourir, j'ai fait pleins de crises d'hypoglycémis, généralement je me débrouillé pour aller dans les toilettes pour que personne ne le sache. Je me fuyait, je ne me sentais pas moi-même et je ne me sentais plus chez moi dans ma maison. Alors j'ai commencé à boire, et à fumer du shit de façon plus que régulière. Jamais personne n'a eu l'envie (ou le courage) de me parler pour savoir ce qu'il se passait. Et puis même quand bien même on me l'aurais demandé, j'aurais dit que tous allez bien, mais au moins j'aurais su que l'on s'inquiété pour moi. Alors peu à peu, je me suis renfermé sur moi, je me faisais violence, je me détestait, je fis mille et une tentatives, mais si je sentais qu'elles allaient ratées, je stoppais tout, pour faire en sorte que cela ne se voit pas. Plusieurs fois, je pris peur que l'on remarque les traces qu'il y avait sur mon cou.
Un jour, un type de collège, du même niveau mais plus agé vint chez moi, il ne força pas à coucher avec lui, mais cela allait trop vite, ce fut le premier garçon à m'embrasser. Je ne voulais que du touche-pipi et encore. Il s'appelait Yannick, il était grand, noir et il se fouttais de moi. *J'ai du mal à suivre mes pensées, j'ai qu'une envie, voir mon ancienne cpe pour discuter avec elle* J'ai beau chercher des souvenirs heureux, je n'en trouve pas, entre les mutilations, les pleurs, les peurs, la honte. Là, je sais très bien que des gens comme Lola, Aïda ou Nicolas sont en train de me maudir, je sais c'est triste.
Un jour de cinquième, un vendredi, après la récréation, il m'a pris la tête dans le couloir au moment de rentrée en classe et me la collé contre son entre-jambes. J'ai dit "Jean, tu es un con" en rentrant dans la classe et j'ai exploser en larmes. J'ai passé le reste de la matinée dans le bureau de ma CPE, Madame Sugarhum. C'est à ce moment là que j'ai compris que je pourrais compter sur elle. Je ne l'ai jamais vraiment solliciter à part aujourd'hui.
En tant que garçon, je n'avais pas à faire de la danse, ainsi en ont décider les garçons du collège, j'étais donc une tapette fini, et une tapette c'est mal, ça se frappe. Je n'y échappait pas, les coups, les insultes, les humiliations, les vols, tout j'ai tout eu et je faisais tout pour qu'ils arettent, je leur achetais des vidéos pornos hétéros, qu'ils me volaient. J'avais un "ami" à cette époque, Julien, sa mère morte alors qu'il étais gamin, un père possesifs, une vie compliqué, qui du jour au lendemain ne me parla plus, il devenais violent envers moi. Un jour, il me dit la raison "J'ai rien contre les pédés et toi tu es un pédé et tu veux pas le dire et c'est pour ça que je veux te casser la gueule" Il ne l'a jamais fait, je courais trop vite, malgré ma mal-nutrition. Et puis, il y a eu la Gay Pride 2004, mon coming out auprès de mes amiEs et mon premier amour, Thibault, né 10 jours après moi. Cela dura une semaine, je l'ai vu deux fois. Il me plaqua comme une merde.
Là, je suis devenu une salope, j'ai enchainé plan Q sur plan Q, je tombais amoureux comme on tombe d'une chaise, je me suis détesté, haïs, abhorré, exécré. Je ne sais plus. Et cela reste plus ou moins d'actualité.
Je suis rentré au Lycée Bergson, je n'y suis pas resté longtemps. J'ai commencé à faire des crises bizarres, ce passé que j'enfuissais au fond de moi ressortais pendant mes crises, je ne comprenais pas pourquoi et je ne voulais pas voir ça. Là, on a tenté de me placer en hopital psychiatrique, en foyer. Ils ont réussi qu'une fois pendant les vacances de Noël 2004. Avant que mes parents me placent ailleurs, j'ai fugué. Je fuyais tous :mes parents, les médecins, l'hopital, mon passé, ma vie, les crises. Je me suis lancé à fond dans le mouvement contre la loi Fillon. Je me suis noyé dedans pour ne plus rien voir. Ne plus voir qui j'étais. J'ai tout fait trop fait. Et puis je suis retourné chez mes parents. Mon engagement m'obligea à me trouver un lycée privée hors contrat pour doubler ma seconde.
Pendant les vacances de la Toussaint 2005, je fis mon coming-out à mes parents, enfin à ma mère qui le dit tout de suite à mon père, mais ça je le savais, ils se disent tout.
"-Maman, je suis homosexuel
-Peut-être, peut-être que je suis la mère d'un homosexuel, mais de toute façon Martin, tu veux tellement ne pas être comme les autres, que si la mode était d'avoir une plume dans le cul, tu serais le seul à ne pas avoir de plume dans le cul. Mais voilà tu as une plume dans le cul (...)"
C'était déplacé, inutile, homophobe. peut après j'ai fais une fugue qui dura un peu comme la précédente, c'est à dire 4 mois environ. Pendant ce temps, je suis allé chez Jean-François, que j'avais rencontré à Act Up-Paris (association de lutte contre le sida dont je suis membre). Il fut comme une mère pour moi, je me suis fait une sorte de nouvelle famille avec Zezeta, Pauline, Ismaël, Raph', Cadyne. Et mes parents étaient presque heureux de la situation. Ils filaient de la thune à Jean-François genre "on te file de la thune et tu t'en occupes nous on n'en veux plus" . Le 2 mai 2006 après plusieurs semaines d'insultes au sein de ma classe, je me fais viré de mon lycée, j'aurais du avoir honte d'être pédé et ne pas avoir les cheveux roses. Ils iront jusqu'a fournir au rectora des documents empéchant mon passage en première malgré mon 14/20 de moyenne. Je n'ai pas l'envie de tripler ma seconde, mes études s'arretent donc là.
Lors de la Gay Pride, je t'ai vu, et tu ne m'as pas tout de suite reconnu, cela me fit plaisir. Je pense que mon exentricité, ma follitude ( et non mon manièrisme) doivent cacher ce passé trop dure et trop lourd à porter à 16 ans et demi. Alors je l'écris ici, pour l'évacuer au moment où je rentre chez les Soeurs de la Perpétuelle Indulgence.
A l'heure qu'il est je suis dans tout mes états, cela et très dure à écrire, j'ai commencé à 6h30 il est midi et sept minutes. Il est clair que ceci n'est pas ma vie, mais juste un bout de ce que j'avais besoin d'évacuer. Ce n'est pas l'ordre chronologique non plus. enfin presque.
Je n'ai envie de parler qu'avec deux personnes toi, Franck et vous, Madame Sugarhum. Je ne sais pas pourquoi. Mais j'espère que cela sera possible.
Et pis j'écoutais ça en boucle pendant que j'écrivais:

"Tout à un detail prés


J'ai cru voir en toi ce qui manque en moi
Amer constat des pleurs en guise de glas

Mais tout à un détail près
Un si grand vide en moi
Pardonne mes excès
Mais tout à un détail près
Laisse faire mon sombre instinct
Pour gagner le pire

J'entends encore ta voix
Les images se brouillent mais la tristesse...
Restera le pire ennemi ci-bas

Mais tout à un détail près
Un si grand vide en moi
Pardonne mes excès
Mais tout à un détail près
Laisse faire mon sombre instinct
Pour gagner le pire

J'essaye d'oublier mais je n'y parviens pas
Chaque moment passe
Chaque trace de ce passé ne s'efface pas
Je n'ai rien oublié
Je sais que ce n'est qu'un rêve
Auquel je suis accroché

Quoiqu'il en soit je ne peux t'oublier
Quoiqu'il en soit, qu'il en soit ainsi

Même les yeux fermés, les larmes ont coulé
J'espérais peut-être l'impossible
Je sais que j'ai mal agi
Mais tu ne m'as jamais compris
Jamais aidé, jamais pardonné"

6 comments:

Cécile said...

Les souvenirs font toujours mal, j'aime pas le passé en général. Et puis je ne rajouterai rien, ça fait bien assez mal comme ça.

MC said...

Tout simplement magnifique...

Anonymous said...

jai cru t'avoir vu ce midi (dimanche 3 sept), a cote de notre dame, il y avait des flics
c'etait toi?

Anonymous said...

jai cru t'avoir vu ce midi, a cote de notre dame, il y avait des flics
si c'etait toi c'est enorme!

Anonymous said...

c'était toi?

Malborow & Lucky said...

Je n'est besoin de pérsonne pour me fair du mal et personne ne peux m'en faire!!je ne crain personne sauf moi.