Wednesday, April 04, 2007

Un peu de moi

Il y a quelque temps une journaliste est venue faire un portrait de moi pour Têtu, les choses on voulut qu'il ne parraissent pas, je le mets donc sur mon blog. Merci Ursula.


Martin, 17 ans, le militant écorché parisien

«Nous resterons dans nos chambres/cloîtrés par tous ceux qui nous mentent/ exclu, je n’imaginerais rien d’un futur qui n’existerait plus». Martin adore cette chanson d’Indochine. Une chanson à l’image de ce qu’il ressent quand il est dans sa chambre. Une large mèche rose, mince, l’air abattu, à fleur de peau et en colère contre la société, Martin habite cette chambre à Paris, depuis tout petit, un cocon en quelque sorte. Et une chambre en bordel aussi: des boas en plumes rose fluo, des chaussures à talons aiguilles, des magazines Têtu, des fringues, des peluches, des tiroirs à demi-fermés; des posters de Placebo, des petits mots de ses copines écrits à même le mur. Et Martin qui fume…déjà émancipé légalement, il va prendre son avenir en main en essayant d’intégrer une école de danse/chant/théâtre l’an prochain. En attendant, il vit sa passion pour la musique, dans sa chambre. Il joue du piano, chante, écoute les stars qui l’inspirent et ramène ses copains. «J’y essaie mes tenues, je force mes chaussures en cuir à talons, j’y passe beaucoup de temps, et quand je suis en colère, je saute partout, sur du Bowie». Bowie, c’est son «dieu» inégalable mais Martin aime aussi Klaus Nomi, Pink Floyd, Led Zep, Lou Reed, Placebo, le Velvet, «après les dieux, les monstres aussi comme Barbara, Léo Ferré, Piaf, des gens hallucinants», lâche t-il dans un petit cri hystérique. Martin a la culture musicale politique des années 70 que tout ado révolté se doit d’avoir. Son rêve ? «Être une rock star chéri voyons !». Quand il n’est pas dans sa chambre, il milite avec Act Up,« pour foutre le bordel, et être au milieu de pédés». Très investi au sein de l’association, il a même créé la commission jeunes qui s’occupe de prévention dans les lycées. Il est aussi actif chez les Sœurs de la perpétuelle indulgence», au comité Idaho, et bien sûr aux Panthères roses. «C’est mes copines, précise t-il d’une voix d’enfant, et entre deux toux graves, je préfère mille fois m’éclater à la Plug (soirée queer organisée par la Tapette en bois), où quand tu bouscules quelqu’un, c’est l’occasion d’entamer une conversation, qu’au Cox, c’est plus sympa que les pouffiasses dégénérées du Marais, bien que je suis une pouffiasse dégénérée». Un terme dur et une image violente de soi. À son image, lui qui a vécu des choses lourdes dont une tentative de suicide, et qui en parle avec distance, comme si cela ne lui appartenait pas. Martin a dit qu’il était homo à sa mère, l’an dernier. Réponse de la mère : «t’as tellement voulu être différent que si la mode c’était d’avoir une plume dans le cul, t’en aurais pas». Il doit se sentir parfois seul dans sa chambre. Ursula Del Aguila

2 comments:

Eric said...

Je te connais très peu mais je n'avais peut être pas cette image de toi. c'est très touchant ce portrait... biz pti mec

Ben said...

Vous n'êtes pas assez consensuel-le. Quelle massive tranche de marché des âges ado pourrait bien se reconnaître en vous?
Il m'est avis que cette tranche là n'achète pas le magazine en question...

Ou alors, c'est qu'il manquait une page pour insérer une publicité et -oups, pas de chance-, c'est la votre qui a sauté.
Il faut bien vivre

Joie, bonheur et argent pour toustes !?